Haïkus – Août 2020

 

premier jour d’été –
un grand papillon noir
m’a poudré la joue

*

saison des pollens –
un troupeau de moutons blancs
file sous le meuble

*

gravillons de l’allée –
le léger sillon d’ombre
d’une roue de vélo

*

matin à vélo –
jouer au chat et à la souris
avec les nuages noirs

*

juste avant la tondeuse
le pissenlit confie
ses graines au vent

*

arrivée au gîte –
un papillon se pose
sur ma jambe

*

sieste sous les pins
entre vagues de mistral
et cris des cigales

*

grand vent –
les photos du point de vue
toutes un peu floues

*

route déserte –
les deux seules voitures
se croisent à ma hauteur

*

lavandes coupées –
la machine a laissé
les coquelicots

 

bouton d’agapanthe –
une petite abeille
attend l’ouverture

*

soir d’été –
le silence déborde
de chants d’oiseaux

*

bien avant l’éclair
le bruissement soudain des arbres
m’a parlé de l’orage

*

page 66 du livre –
un moucheron écrasé
sur le mot cigale

*

la rose de Noël
fleurie fin juin : se croit-elle
dans l’hémisphère Sud ?

*

pause du mistral –
le battement d’une cloche
dans les senteurs du matin

*

rafales de mistral –
je laisse passer l’averse
d’aiguilles de pin

*

grand vent –
le paysage
ondule

*

arrêt du mistral –
les mouches
sont de retour

*

petit déjeuner –
après trois stridulations
la cigale cale

(C) Damien Gabriels – Juin / Juillet 2020